Organisme de Transformation des Entreprises et Collectivités - PARIS - SAINT-ETIENNE

09 72 62 50 51

Contact

Partenaire de vos potentiels

LE BILLET DU PHILOSOPHE | THIERRY BERLANDA : LA VICTOIRE DE MARIGNAN

Thierry BERLANDA

02
juillet

En partenariat avec l’écrivain et philosophe Thierry BERLANDA, PROCESSUS s’est lancé un nouveau défi : aborder les problèmes de l’entreprise avec un regard nouveau !

Découvrez le travail de notre expert !

 

Nous fêtons cette année, ou plutôt nous ne fêtons pas, le demi-millénaire de la victoire de Marignan. Autrefois, certes sans bien savoir pourquoi, chaque Français avait en tête la date de 1515 et le nom du patelin lombard qui lui restait attaché ; la pédagogie moderne aura au moins eu ce mérite ambigu de faire en sorte qu’aujourd’hui, de cet événement, nous ne savons plus ni le contenu, ni la date, ni le nom. C’est plus clair, mais est-ce un gain ? Et surtout, en quoi l’affaire peut-elle avoir encore un sens à notre époque, et notamment lorsqu’un cadre, plutôt supérieur, décide de prendre la place d’un de ses collatéraux en englobant dans son propre périmètre les responsabilités de ce dernier ?

 

LA CIRCONSTANCE HISTORIQUE

Marignan est le nom d’une bataille lors de laquelle s’opposèrent le tout jeune roi François 1er et ses alliés aux Suisses de Mathieu Schiner, un cardinal. Cette partie de campagne couta la vie à 25000 hommes (ce qui était beaucoup pour l’époque) et tourna à l’avantage du roi après de longues heures indécises, où s’illustrèrent les mercenaires bataves, les lansquenets allemands, les Suisses réputés invincibles et sans merci, le fameux Bayard, et enfin les cavaliers Vénitiens, à qui semble devoir revenir le pompon de la victoire finale.

Cependant, moins que sur le terrain, ce résultat fut acquis grâce à un intense jeu diplomatique préliminaire, mené par le Roi de France, et ayant consisté à ruiner l’unité apparente des Suisses. Comment ? En promettant beaucoup à certains et rien aux autres. Ceux qui se trouvèrent bien payés retournèrent à leurs champs, privant les autres de renforts en hommes et matériels, et ceux qui restèrent, inférieurs en nombre et en armes, burent bientôt jusqu’à la lie le calice de la défaite.

 

GAGNER A MARIGNAN, AUJOURD’HUI DANS LE MILIEU PROFESSIONNEL, QU’EST-CE QUE C’EST ?

Dans une entreprise dans laquelle les collaborateurs sont soudés par une envie commune de l’être, appuyée d’ailleurs sur un projet de long terme défini par un capitaine respecté, si A veut chiper la place de B et qu’il manœuvre en ce sens, c’est lui qui giclera le premier, et son vain calcul n’aura servi qu’à renforcer encore la cohésion de la maison. Si en revanche, comme c’est aujourd’hui courant, vous êtes dans une boîte gérée par des financiers opportunistes, pour qui la fidélité est un gros mot et la loyauté une baliverne, ne soyez pas surpris qu’aient lieu des manœuvres de déstabilisation qu’on pourrait qualifier de « marignanesques ».

 

DANS UN TEL CAS, QUEL PARTI PRENDRE ?

Si vous êtes vous-même l’attaquant, n’hésitez pas à proposer un poste et un salaire très intéressants à celui qui était jusqu’alors un soutien essentiel de votre rival. Ce sera peut-être dur à avaler pour vous et surprenant pour les autres, mais c’est le succès assuré : les remparts adverses se lézarderont à vue d’œil, suscitant la trahison d’autres féaux, excitant la concurrence entre ceux qui refuseraient de changer de camp, et bientôt la pseudo-forteresse ennemie sera devenue un château de sable.

Si vous êtes seulement spectateur de ces jeux troubles, ne prenez aucun parti et soyez aimable et conciliant avec les légats des deux partis.

Enfin, si vous êtes le « Suisse » qu’un nouveau François 1er en costard cherche à circonvenir, alors… n’hésitez pas un instant à vous laisser faire. Ne croyez pas en effet que dans une entreprise (il faut le dire vite) n’ayant de visée que la goinfrerie de ses dirigeants, vous ayez à montrer je ne sais quel sens de l’honneur dont ils sont eux-mêmes complètement dépourvus.

Thierry BERLANDA, Expert PROCESSUS

Nos agréments