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REPORTAGE | LES VIBRANTS, INTERVIEW. Aïda Asgharzadeh et Benjamin Brenière

Aïda N&B

13
septembre

les vibrants N&B  LES VIBRANTS 

LAUREAT DES COUPS DE CŒUR DU CLUB DE LA PRESSE AVIGNON OFF 2014


 Aïda N&B
 Quelle est la place du silence sur un plateau de théâtre? 
Aïda nous répond …
« Une des composantes importantes d’un spectacle – au même titre que le jeu ou les lumières par exemple – est son rythme. Il est propre à chaque spectacle à la vision du metteur en scène. Comme une partition musicale. 
Et le silence fait partie du rythme. Pour prolonger l’analogie à la musique, les silences sont indiqués sur les partitions. Au théâtre, certains silences, quand ils sont estimés indispensables par l’auteur, sont également écrits dans le texte. Mais ils ne le sont pas tous. C’est le travail de l’acteur de les intégrer dans le rythme qu’il va donner à son personnage en le créant, puis à celui du metteur en scène de les recadrer en fonction du rythme global qu’il veut donner à la pièce. »
Selon votre expérience, quel impact a le silence sur le spectateur ?
Aïda nous répond
« [le silence]  permet au spectateur d’être actif.
De ne pas être seulement en réception
mais aussi en action
puisqu’il a alors à faire un travail d’interprétation »
« Si certaines émotions (qu’elles soient tragiques ou comiques) passent évidemment par le texte, je crois qu’au final, elles deviennent encore plus violentes, pour le spectateur, à travers les silences. Car quand un texte permet d’exprimer toute la complexité émotionnelle d’une situation et permet au spectateur d’être en empathie avec le personnage, le silence, lui, permet au spectateur de se positionner « à la place » même du personnage. C’est le champ libre à toutes les projections. 
Le mot a une signification claire – du moins orientée – et dépendant d’un contexte culturel et social (d’une langue, d’un milieu etc.) Le silence, lui, est propre à toutes les langues, tous les hommes, sans avoir de signification définie. On peut y lire de la gêne, une tension, de l’envie, de la tristesse, de la jalousie…  Il n’y a pas de limites à la signification d’un silence. De surcroît, un silence sera différemment interprété en fonction des spectateurs: je ne ressentirai certainement pas tel silence de la même manière que mon voisin, en fonction de mes envies, de mes besoins, de mes expectatives, de ma sensibilité actuelle, de ma personnalité… Plus simplement, il permet au spectateur d’être actif. De ne pas être seulement en réception mais aussi en action puisqu’il a alors à faire un travail d’interprétation. »
Au théâtre et dans la vie, faut il « imposer » le silence pour transmettre notre message ?
Aïda nous répond
« C’est une question piège. Je pense qu’il ne faut rien imposer du tout mais se laisser guider par ses instincts et ses émotions, « sentir » qu’il faut se taire, laisser monter l’émotion ou au contraire, enchaîner, rythmer, faire diversion… Oui, je crois qu’il faut vraiment faire confiance à son instinct et son bon sens. (C’est moi qui dit ça alors que je suis extrêmement cartésienne…) Que ce soit dans la vie ou sur scène.
Le silence, de manière très personnelle, me semble très important au théâtre, du moins dans mes pièces, car j’aime travailler sur les non dits, et laisser au spectateur cette part « active » d’interprétation. Je déteste qu’on m’explique les choses. Ma dernière pièce, Le Dernier Cèdre du Liban, traite – entre autres – de ça: l’incapacité à dire, à parler. Sans doute parce que c’est quelque chose de très fortement encré chez moi. On y voit deux femmes tellement en colère qu’elles n’arrivent pas à communiquer. Mais ça ne veut pas dire que je ne fais pas attention au rythme. Bien au contraire, le rythme est crucial, il ne faut pas que le spectateur s’ennuie non plus! Le silence et les non-dits, bien placés, intensifient les enjeux dramatiques au théâtre. J’aurais tendance à dire au contraire, dans la vie, soyons clairs, soyons explicatifs, parlons nous! On a déjà assez d’enjeux dramatiques comme ça! »

« dans la vie, soyons clairs,

soyons explicatifs, parlons nous!

On a déjà assez d’enjeux dramatiques comme ça! »

Benjamin nous confie

 « A vrai dire, la voix d’Eugène m’est venue comBenme vient la voix d’un personnage de commedia del arte, de masque. Elle est le fruit de mon imaginaire par rapport à cette blessure, à l’articulation qui s’en suit. Il n’y a pas à proprement parler de véracité physique quand à l’articulation post accident d’Eugène. Je ne me suis pas appliqué à retranscrire ce que pourrait être l’articulation de quelqu’un selon une étude scientifique détaillée de ce type de blessure. Je me suis laissé porter par le personnage qu’apporte le masque. Car il s’agit bien de ça. Le pouvoir du masque. Il y deux Eugène dans les vibrants: avant et après l’accident. Le fait de revêtir ce masque amène un autre personnage. Ce qui est très fort symboliquement: Eugène est devenu quelqu’un d’autre. Le masque en latex fabriqué par Chloé Cassagne me donne tout le confort nécessaire pour déformer ma bouche à l intérieur. J’accentue la déformation de la bouche et de la voix  au début pour créer l’illusion d une amélioration progressive au cours de la pièce.

En ce qui concerne le silence, l’incapacité d’Eugène à parler, il a fallut accentuer physiquement le jeu. Privé d expressions faciales pour communiquer les émotions qui traversent Eugène, il a fallut les faire passer par le corps en accentuant la corporalité.
Le silence est un thème important des Vibrants. Car c’est le point de départ d’un recommencement. Apres l’accident, tout est silence. À l’extérieur en tout cas, car à l’intérieur, c’est d’avantage une volonté de silence. Eugène a envie que tout se taise. Son retour à la vie va passer par une re-verbalisation progressive des choses. »

 

« Une des composantes importantes d’un spectacle

- au même titre que le jeu ou les lumières par exemple – est son rythme. Il est propre à chaque spectacle et à la vision du metteur en scène. Comme une partition musicale. »

 

 

Avec Aïda AsgharzadehBenjamin BrenièreMatthieu Hornuss et Amélie Manet collaboration artistique Damir Žiško​​​​​​​​ scénographie Natacha Le Guen de Kerneizon lumières Manuel Desfeux costumes Marion Rebmannmusique Stéphane Corbin ambiance sonore Ludovic Champagnemasques Chloé Cassagnes maquillages Alice Faure chargée de diffusion Anne-Charlotte Lesquibe . production Teknaï coproduction Maison du Théâtre et de la Danse d’Epinay-sur-Seine et La compagnie des Barriques avec le soutien de l’Adami, de la Spedidam, de la Mission du Centenaire de la Première Guerre mondiale en partenariat avec la Licra et Radio Vinci Autoroutes. Teknaï est en résidence à la Maison du Théâtre et de la Danse d’Epinay-sur-Seine et est soutenu par le département de Seine-Saint-Denis SPECTACLE CREE AU THEATRE ACTUEL (AVIGNON) DURANT LE FESTIVAL OFF D’AVIGNON 2014 CE SPECTACLE EST LAUREAT DES COUPS DE CŒUR DU CLUB DE LA PRESSE AVIGNON OFF 2014. 



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