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LE BILLET DU PHILOSOPHE | THIERRY BERLANDA : LA BATAILLE DE CANNES

Thierry BERLANDA

01
septembre

C’est la rentrée ! Et pour bien démarrer, notre écrivain et philosophe préféré Thierry BERLANDA nous livre un nouveau billet  QUAND L’ENTREPRISE SE FROTTE A LA PHILOSOPHIE …

 

Quand croyez-vous que l’événement de la Croisette fut créé ? En 1946, ainsi que la rapporte la chronique ? Non, mais 2162 ans plus tôt, avec en ouverture un superbe péplum jamais égalé depuis : La bataille de Cannes, ville des Pouilles, homonyme de la cité du cinéma. Au début du mois d’août de l’année de disgrâce 216 avant Jésus-Christ, l’armée du célèbre général carthaginois Hannibal Barca y a en effet écrasé celle, pourtant deux fois supérieure en nombre, des consuls Varron et Paullus. Comment fait-on pour gagner une bataille lorsqu’on est plus faible, en tout cas sur le papier, et qu’on évolue en milieu globalement hostile ? La réponse reste valable aujourd’hui, y compris dans votre entreprise ou lors de vos actions commerciales. Voyons cela.

LA CIRCONSTANCE HISTORIQUE

Hannibal a déferlé sur l’Italie en 218 av JC avec ce qui lui reste de soldats et d’éléphants après la redoutable épreuve du franchissement des Alpes. Il trouve néanmoins le moyen de baffer les Romains à Tessin, de les écharper sur les rives de la Trebie, puis de les massacrer au bord du lac Trasimène. Cependant, ne disposant pas de machines de siège, il renonce à marcher sur Rome bien qu’elle fût alors à genoux. Le temps est le pire ennemi de l’envahisseur, Napoléon et Hitler le comprendront plus tard à leurs dépens ; Hannibal et ses armées s’étiolent donc peu à peu, et le Sénat romain juge donc le moment venu de les flanquer à la mer. Ce jour d’été 216 av JC, voici donc que les consuls susnommés prennent la tête de 75 000 hommes, répartis en trois rectangles impressionnants, et avancent à la rencontre d’un peu plus de 30 000 guerriers puniques, celtes et espagnols.

L’issue de ce choc ne laisse aucun doute aux (piètres) stratèges romains. Mais à la fin de la journée, ils se retrouvent pourtant l’un en fuite et l’autre au tapis, ainsi que plus des trois-quarts de leurs effectifs… Qu’est-il arrivé ? Les Romains ont avancé comme à la parade, enfonçant facilement une bande étroite d’ennemis, qui ne résista d’ailleurs pas. Hannibal fit alors donné la cavalerie, qu’il avait gardée en réserve sur les ailes, prenant les Romains à revers et leur infligeant la plus grave défaite que l’Empire ait jamais connu en territoire italien.

 

LA BATAILLE DE CANNES, AUJOURD’HUI DANS LE MILIEU PROFESSIONNEL, QU’EST-CE QUE C’EST ?

Être en butte à un adversaire plus fort peut consister à vous opposer à votre patron, à un client dont votre résultat annuel dépend, à un syndicat influent qui n’adhère pas au projet de l’entreprise, à un fournisseur qui ne respecte pas les délais prévus au contrat, etc. Dans tous les cas, vous êtes en apparente situation de faiblesse ; un engagement frontal conduirait donc à votre perte. Que faire ? Appliquer cette règle d’or : garder toujours votre meilleur argument pour la fin.

1 Laissez l’ennemi montrer sa puissance et vous accabler. Prenez les coups, ne résistez pas, reculez en bon ordre.

2 Lorsque votre adversaire a, selon les cas, craché son venin, cru discréditer votre projet, ridiculisé votre produit ou ruiné votre réputation, passez alors en phase…

3 l’encerclement et la prise à revers grâce à la cavalerie gardée jusque là en réserve. C’est le moment d’asséner votre meilleur argument.

Quel est-il, cet argument ? Si vous-mêmes ne le connaissez pas et attendez que ce soit moi qui vous le fournisse, alors voici mon conseil : renoncer à passer les Alpes avec vos éléphants et laisser Rome en paix, votre éventuelle victoire à Cannes ne vous éviterait pas de tout perdre à Zama quelques temps plus tard.

 

Thierry BERLANDA, Expert PROCESSUS

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