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LE BILLET DU PHILOSOPHE | THIERRY BERLANDA : EN TOUTE CONFIANCE

Thierry BERLANDA

16
décembre

Un nouveau billet  QUAND L’ENTREPRISE SE FROTTE A LA PHILOSOPHIE

EN TOUTE CONFIANCE

Avez-vous remarqué que, de l’aveu même des économistes, l’énorme système financier (le PIB de l’ensemble des pays du monde est d’environ 80 000 milliards de dollars en 2015) repose, si j’ose dire au bout du compte, sur quelque chose d’aussi apparemment évanescent que… la confiance ? Or la confiance entre deux êtres, entre parents et enfants, entre amis, entre amoureux, entre un croyant et le Ciel (elle s’appelle alors la foi), nous pouvons comprendre de quoi il s’agit, même si son concept est bien difficile à produire, mais la confiance telle qu’on en parle dans la sphère économique, de quoi retourne-t-elle exactement ?

Comment puis-je croire que ce bout de papier qu’on appelle un billet de banque équivaut bien à une valeur réelle correspondant à celle indiquée dessus ? En réalité, cette confiance se soutient d’ignorance, car sait-on vraiment quelle est cette valeur réelle dont le billet de banque n’est que la représentation ? Quelle est donc en effet cette valeur qui me permet de l’échanger contre un pain, un appartement ou tels autres biens et prestations ? Si j’ai confiance en ce billet de banque, c’est d’abord parce que j’ai confiance en celui qui l’émet, et qui me garantit que l’énigmatique valeur traduite en chiffres sur le billet est bien réelle quoi qu’invisible. Cette personne émettrice des billets à qui je fais confiance, in fine c’est bien sûr la personne morale d’un Etat.

Mais encore, qu’est-ce qui fait que je peux avoir confiance en un Etat ? C’est sa crédibilité. Et sur quoi repose-t-elle ? Sur la capacité de l’Etat à exercer sa puissance, c’est-à-dire à me protéger (dans le cas des Etats tyranniques, il s’agira plutôt d’une capacité de me nuire, ce qui induit une crédibilité non par la confiance mais par la peur).

Ainsi ce que nous échangeons chez le boulanger contre un pain et des croissants n’est rien d’autre qu’un peu de la confiance que nous faisons à l’Etat en raison de la crédibilité de sa puissance. Et si le boulanger accepte la représentation de la valeur de cette confiance sous la forme d’un billet de banque, c’est parce qu’il a lui-même consenti, sans s’en rendre compte bien sûr, à faire confiance à la personne morale de l’Etat qui garantit la valeur réelle symbolisée par la valeur fiduciaire.

Qu’en est-il dans l’entreprise ?

Celui qui fait confiance (le collaborateur à son manager, mais aussi le manager à son collaborateur) ne fait jamais, comme dans le cas du billet de banque, que reconnaître la crédibilité de la puissance de l’autre personne. Puissance de protéger ou puissance de nuire ? Entreprise bien managée ou tyrannie moquettée ? La différence est facilement identifiable : dans le premier cas, vous aurez confiance ; dans le second, vous aurez peur. Les retentissements psychologiques de ces deux sentiments contraires ne peuvent laisser aucun doute sur leur nature respective.

Thierry BERLANDA

Philosophe et auteur Expert PROCESSUS

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