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LE BILLET DU PHILOSOPHE | THIERRY BERLANDA LA MOTIVATION

Thierry BERLANDA

18
février

Un nouveau billet  QUAND L’ENTREPRISE SE FROTTE A LA PHILOSOPHIE

QU’EST CE QUE LA  MOTIVATION  ?

La question reine du management, celle que tout manager devrait se poser soir et matin, aussi bien quant à lui-même qu’à propos de ses collaborateurs, est bien celle de la motivation. Or pour bon nombre de managers, qui font ainsi la preuve qu’en l’occurrence ils ne méritent pas vraiment ce titre, la motivation serait une sorte de substance dopante dont on piquerait les fesses des commerciaux (ou autres) pour les pousser à atteindre leurs objectifs. Nous l’avons constaté dans le cyclisme ou d’autres sports, avec les désastres qui en résultèrent (et en résulteront sans doute encore), la définition prosaïque de la motivation englobe les notions de prime sur résultat, de stages de coaching à l’Alpe d’Huez ou à Marrakech, de gratifications symboliques et/ou financières, de concours, de challenges, bref de stimulations diverses.

Bien sûr, me direz-vous, la stimulation est bien l’autre nom de la motivation. A quoi je répondrais : si telle est votre conviction, changez-en ou changez de métier.

La stimulation se caractérise en effet par la transmission d’un influx extérieur à une matière plus ou moins inerte (un commercial démotivé par exemple), ainsi que ferait un bon docteur à seringue d’EPO prodiguant ses bienfaits frelatés à un escaladeur de cols à la ramasse.

La motivation, c’est le contraire. Elle n’est rien d’extérieur, et rien n’est plus intime. Elle est le mouvement même de la vie, qui n’a de cesse de s’accroître de soi et de s’accomplir dans l’épreuve joyeuse qu’elle fait d’elle-même dans le monde et dans chaque vivant (cette tirade emprunte à la philosophie bien connue de Spinoza, mais surtout à la phénoménologie encore peu connue de Michel Henry). Vous n’avez donc pas à motiver ou remotiver vos troupes, ce serait même sacrilège, et très destructeur, de le tenter. Pourquoi ? Parce que tous les artifices que vous emploieriez à motiver quelqu’un qui ne l’est plus ne seraient qu’emplâtre sur une jambe de bois, ou plus exactement poudre de perlimpinpin sur chair et os. En vérité, si vous souhaitez qu’un collaborateur retrouve sa motivation, attachez-vous d’abord à ne pas le démotiver !

Laissez lui de l’air, donnez lui des objectifs raisonnables, ne transférez pas sur ses épaules la pression que vous impose votre propre hiérarchie, ne lui promettez pas de primes, écoutez son avis, saluez ses résultats quand ils viendront, et vous verrez alors que, telle la plante au printemps, sa motivation refleurira spontanément. Au fond, elle ne sait rien faire d’autre, à condition qu’un jardinier maladroit ne se mêle pas de la priver de lumière.

 

Thierry BERLANDA

Philosophe et auteur Expert PROCESSUS

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