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REPORTAGE | MARIA BELOSO: La médiation au cœur du processus

g-maria

20
mars

  g-maria

Maria BELOSO comédienne, metteur en scène, auteur et pédagogue, experte en communication chez PROCESSUS


 Quel est votre rôle en temps que médiatrice ?

Maria nous répond …

 « Mon rôle consiste à catalyser une transformation positive dans la relation entre individus afin de maximiser collaboration, bien-être et efficacité. Promouvoir la communication pro-active ** Mettre en valeur l’unicité de l’individu et maximiser la complémentarité entre personnes. Veiller à diluer reproches et malentendus – faire en sorte que ce qui est pensé ou ressenti tacitement (jugements et à priori,) soit transformé en faits formulés dans le but unique de trouver des solutions réalistes et durables. »
* * par communication pro-active
j’entends communication responsable,
bienveillante et constructive
Comment ?
« Pour mener à bien une médiation il faut favoriser le contact. Réunir les personnes concernés autour d’un projet aux objectifs communs, co-définir un cadre avec des règles claires et précises, créer ainsi un terrain d’inter-action concret pour travailler et avancer ensemble. Ensuite le reporting et le travail de suivi est indispensable pour inscrire le changement dans la durée.

Parfois mon action est subtile. Seule le fait de convier des personnes à un rendez-vous en ma présence, et quelques questions ou conseils avisés suffisent pour catalyser une prise de conscience et un premier changement. Dans ce cas le véritable travail est fait par les personnes elles-mêmes. Dans d’autres cas le travail est nettement plus musclé, tout doit être mis en œuvre pour tenter d’enlever couche par couche croyances et mécanismes inconscients, malentendus ou expériences négatives accumulés. »

 En quoi votre profil/posture d’artiste est une valeur ajoutée pour mener à bien une médiation au sein d’une entreprise?
Maria nous répond
si je dis « je t’aime » sans le penser vraiment ,
le timbre de ma voix, l’énergie
et l’émotion véhiculés par mes mots ne seront pas les mêmes
que si je dis « je t’aime » en le croyant
 
« Lorsque l’on est artiste, la conscience de soi, les techniques de prise de parole et de tenue corporelle, l’écoute de l’autre et du monde, l’empathie, l’adaptation constante, la capacité d’analyse et de synthèse, la remise en question constante sont le b.a.-ba de notre quotidien. Ce sont autant d’outils nécessaires pour mener à bien une médiation.  L’humain est au cœur de mon métier, son corps, ses émotions, ses croyances.

Au théâtre,  il existe le texte et le sous-texte, le texte est ce qui est dit par le personnage, le sous-texte c’est ce qu’il pense et qu’il ne dit pas, c’est l’intention. Souvent lorsque l’on parle, le texte et le sous-texte sont différents, voire contradictoires.  Ce qui est générateur de conflit. Entre le fond et la forme, c’est bien souvent le sous-texte qui prend le pas.  Une phrase chargée d’une émotion, d’un jugement, d’une attitude ou d’une croyance négative parle beaucoup plus fort que le contenue de la phrase elle même.

Par exemple, si je dis « je t’aime » sans le penser vraiment , le timbre de ma voix, l’énergie et l’émotion véhiculés par mes mots ne seront pas les mêmes que si je dis « je t’aime » en le croyant. Tout cela est ressenti par mon interlocuteur, même si lui non plus, n’en est pas conscient.  Et c’est justement tout ce que l’on « ressent » qui nous affecte le plus.

Dans la communication l’ambiguïté ou le manque de franchise sont dévastateurs. Même si ce n’est pas dit franchement, même si l’on nous assure le contraire, on ressent si l’on nous dit pas tout, si l’on nous fait confiance, si l’on nous juge, si l’on nous apprécie, si l’on nous prend de haut, si l’on nous prend au sérieux…

La pratique du théâtre et de la direction d’acteur me permet de travailler concrètement sur l’ alignement du discours interne et externe pour donner corps à plus de franchise et d’authenticité. »

 entre le fond et la forme,

c’est bien souvent le sous-texte qui prend le pas

 

« Un artiste se doit de rester connecté à lui même dans le présent. Pour le créateur rien n’est acquis jamais. Ceci peut être extrêmement difficile à vivre et parfois très douloureux. C’est un art volatile qui peut nous jouer des tours. Le lâcher prise, l’acceptation de l’erreur, l’échec, le doute sont encore des outils à savoir manier pour bien vivre un processus créatif.  C’est cette capacité d’être dans le présent qu’il faut mettre en œuvre à chaque fois que l’on intervient dans une médiation pour être au plus près de ce qui se passe vraiment et pouvoir y agir de manière pertinente. Adapter à chaque pas.

Il ne s’agit en aucun cas de plaquer une technique identique à chaque médiation, ni même à chaque étape de celle-ci et c‘est justement cela qui est incommensurablement passionnant . Il s’agit d’avancer de manière intuitive et en créant ensemble le pas suivant. Se laisser surprendre. Tout ceci est un équilibre savant entre effort et lâcher prise, comme la vie ! »

 

La force du process’ et des règles. S’inscrire dans une mécanique et trouver la liberté à lintérieur. Un commentaire?

Maria nous répond
 
« La différence de personnalité, de vision, de culture, de sexe, d’approche, d’études, de parcours, ou simplement la différence de besoins et d’objectifs des collaborateurs au sein d’une même organisation,  sont autant de malentendus et de conflits possibles. La co-construction de règles de fonctionnement et l’engagement partagé à les respecter, est primordiale pour transformer les différences en autant de richesses et de complémentarité. »

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