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LE BILLET DU PROF | CROISSANCE ET HUMANISME, UN OXYMORE?

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16
mai

Un nouveau billet du prof 

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La croissance est-elle une idée humaniste?

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« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Pourquoi introduire par cette citation de Rabelais une réflexion sur le rapprochement potentiel entre deux notions : l’humanisme et la croissance des entreprises ?

Une première lecture rapide, un peu trop semble-il, oppose l’humanisme et la croissance.

L’humanisme correspond à un courant de pensée valorisant l’homme, en concevant toutefois ses limites. Au-delà de la mise en relief de l’importance de la culture, des valeurs d’indépendance, de tolérance, de liberté … sont inhérentes à cette approche. Ceci nous rapproche aujourd’hui, par extension, de la notion tant utilisée d’éthique et de RSE. La responsabilité sociétale des entreprises répond à des enjeux multiples : développement durable, image de l’entreprise, différenciation, implication des salariés … Aujourd’hui l’entreprise doit même dépasser sa finalité lucrative. Il convient désormais de contribuer à la création de richesses locales (logique de territoire), à veiller aux conditions de travail … les dimensions de confidentialité et de respect de l’information (avec ses clients par exemple) se rajoutant avec l’essor de la digitalisation des entreprises.  

Quant à la croissance, la prégnance des médias adoptant une approche macroéconomique éloigne un peu de la préoccupation des dirigeants : la croissance de leur entreprise. Qu’en disent aujourd’hui les approches des gestionnaires ? L’histoire de la croissance des entreprises est régie par une focalisation sur des aspects techniques de l’entreprise (stratégie, marketing, technologie, finance …). La troisième révolution industrielle et anthropologique remodifie en permanence les règles du jeu et l’équilibre concurrentiel (la notion d’avantage concurrentiel étant de moins en moins durable). Il ne faut pas que la technologie fasse oublier l’homme. Les approches deviennent transverses et l’organisation et l’humain retrouvent une place prépondérante. L’innovation prend le pas sur la recherche d’économie (d’échelle notamment) de manière à créer une valeur durable pour l’entreprise. On parle par exemple aujourd’hui d’industrie du futur (alors même que certains phénomènes de relocalisation et de réindustrialisation ont vu le jour), la technologie ne remplace pas l’homme mais le complète. D’autres concepts ont vu le jour : l’écolonomie (Emmanuel Druon), l’entreprise libérée … L’innovation est souvent multifactorielle (d’usage, organisationnelle, stratégique, technologique, marketing …) et provient surtout d’une dynamique collective.

Finalement, même si pendant des années le débat était absent de la place publique, ou relevait tout simplement de l’injonction paradoxale, aujourd’hui ces deux notions d’humanisme et de croissance nous ramènent à replacer l’homme au cœur de l’organisation et à la finalité durable de cette dernière. Rechercher la croissance de l’entreprise conduit à mettre en œuvre des techniques, des sciences, qui intrinsèquement ne sont ni morale ni humaniste. C’est la complexité actuelle qui repositionne l’homme, durablement, au cœur des techniques.  Ainsi, au-delà des savoirs, la mobilisation des connaissances dans la mise en œuvre organisationnelle devient une préoccupation majeure. Par son approche centrée sur l’individu, PROCESSUS contribue à développer cette capacité de mise en œuvre. Les outils utilisés répondent également à une quête de sens essentielle quant au rapprochement des bénéfices de mondes s’oubliant l’un l’autre.

Jean-Michel DEGEORGE
Enseignant Chercheur de l’école des Mines de St Etienne

EMSE

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