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LE BILLET DU PHILOSOPHE | IL Y A PLUS D’UNE RIGUEUR

Thierry BERLANDA

12
décembre

Un nouveau billet  

QUAND L’ENTREPRISE SE FROTTE A LA PHILOSOPHIE

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Il y a plus d’une rigueur

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Si le sens du mot « rigueur » est à peu près communément admis, il reste à identifier les deux types de conduites, très différents et même opposés, qu’il peut déterminer. Ainsi, entendue comme restriction des passions, contention des désirs, limitation des excès et censure de toute originalité, la rigueur ne serait qu’une exigence de conformité, soit à la tradition, soit à la doctrine d’un pouvoir dont le caractère démocratique ne serait d’ailleurs pas acquis d’emblée. Cette acception de la rigueur comme rigorisme apparait désagréablement contraire à l’idée de nouveauté, qu’il s’agisse d’innovation sociale, scientifique ou technique, ou encore d’évolution des arts : une vraie grisaille ! C’est sans doute pour cette raison que le terme est devenu tabou, y compris dans le lexique politique.

En revanche, si le mot « rigueur » désigne non pas une contrainte extérieure exercée sur le cours de nos vies, mais au contraire une discipline que nous nous imposerions à nous-mêmes afin de favoriser, et non de restreindre, notre capacité de nous développer, de nous émanciper ou de nous perfectionner, si donc la rigueur n’était pas un frein mais un gouvernail, alors nous lui trouverions à juste titre toutes les qualités.

Quelle serait alors la « bonne » rigueur, et quelle serait la mauvaise ? La mauvaise serait celle qu’on m’imposerait afin de faire de moi un produit social dont la liberté ne serait plus le principe. La bonne rigueur serait celle que je m’obligerais moi-même à observer en vue d’effectuer ma liberté ; elle consisterait alors en ma fidélité éclairée, voire sourcilleuse, à des principes raisonnables.

Et dans l’entreprise ? La mauvaise rigueur, celle du mauvais manager donc, revient à considérer son caprice comme un décret divin : elle ne peut qu’entraîner une extinction progressive de la motivation, y compris celle du mauvais manager lui-même, et donc à terme une baisse de la performance et donc du résultat. La bonne rigueur, au contraire, s’exerce quand un manager s’en tient au principe raisonnable de valorisation du travail de ses collaborateurs et de considération des personnes, même et surtout lorsqu’il est parfois nécessaire de recadrer ou même de sanctionner.

Cela dit, fi du manichéisme et des raisonnements binaires ! A vrai dire, personne ne peut croire appartenir naturellement à la seconde catégorie, car s’il est rare qu’un manager soit toujours mauvais, il est encore plus rare qu’un manager soit toujours bon.

Thierry BERLANDA
Philosophe et auteur Expert PROCESSUS

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