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LE BILLET DU PHILOSOPHE | L’AVENIR EST AUX AGILES

Thierry BERLANDA

11
avril

Un nouveau billet  

QUAND L’ENTREPRISE SE FROTTE A LA PHILOSOPHIE

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L’avenir est aux agiles

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Vous avez souvent vu ces motards de compétition qui penchent leur engin jusqu’au ras du sol afin de prendre idéalement un virage. Conserveraient-ils leur vitesse et leur trajectoire sinon ? Non, car entreprendre cette manœuvre comporte en réalité beaucoup moins de risques que de s’y refuser.

Gilles Deleuze, qui n’était pas motard mais qui savait nager, disait ceci dans son cours sur Spinoza : « Celui qui se noie, c’est celui qui n’a rien compris à la vague. » Qu’est-ce à dire ? Qu’il est vain, et même dangereux, de rester immobile quand le monde bouge. Or le monde bouge en permanence, et sans doute même par nature car il est en lui-même un « devenir ». Ceci ne signifie pas qu’il faille bouger dans les sens : le mouvement n’est pas l’agitation. Il peut même arriver que le mouvement le plus judicieux, du corps comme de l’esprit, soit le repos…

Dans tous les cas, si l’on veut conserver notre trajectoire sans trop s’écorcher les genoux ni trop endurer les souffrances psychiques qui se développent depuis quelques années dans les entreprises*, il convient de « comprendre la vague » et d’agir en conséquence. Comment ?

En cherchant toujours à apprendre de nos échecs, en calculant au plus juste la trajectoire la moins coûteuse en temps et en énergie, en renonçant au zèle inutile (et de toute façon mal payé), et avant tout en essayant de bien savoir ce que l’on veut vraiment. Or pour savoir ce que l’on veut, il faut savoir qui l’on est. Et ce n’est pas un petit sujet !

Admettons toutefois que, dans quelque contexte que ce soit, socioprofessionnel, national, politique ou culturel, et particulièrement dans l’entreprise, les vivants que nous sommes cherchent d’abord à se sentir vivant. Quand nous sentons-nous vivant ? Lorsqu’on nous fait confiance, lorsqu’on nous témoigne de la considération, lorsqu’on nous gratifie d’un mot ou d’un regard pour avoir vraiment amélioré une situation (et donc aidé les personnes dans cette situation), lorsque l’on a accompli une œuvre (que ce soit peindre Guernica, bien planter un arbre, bien réussir un plat ou confectionner quelque bel et bon produit). C’est donc en fonction de cet unique but que nous devons agir, et agir agilement, c’est-à-dire en évitant tous les obstacles identifiés comme nuisibles à notre sentiment joyeux d’être en vie. Dans l’entreprise, ces obstacles sont assez connus, mais encore trop peu désignés comme tels. Faisons le ici : les faux managers, c’est-à-dire ceux qui vous rapetissent au lieu de vous aider à tirer le meilleur de vous-mêmes. Et aussi les structures suscitées par le mauvais management : les sièges inconfortables, les pièces mal éclairées, les environnements bruyants, les matériels défectueux, les consignes relevant du caprice, etc.

Est-il facile de nous tenir à l’écart de ces périls ? Non bien sûr, mais il est néanmoins possible, le cas échéant, de nous fixer pour but principal de les fuir au plus tôt, soit en tentant de modifier nos conditions de travail, soit en changeant de boîte.

*voir les travaux de Christophe Dejours, Pascal Chabot, Ghislain Deslandes et les modestes miens à ce propos

 

Thierry BERLANDA
Le Philosophe de PROCESSUS

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