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LE BILLET DU PHILOSOPHE | IL Y A CONFIANCE ET CONFIANCE

Thierry BERLANDA

10
mai

Un nouveau billet  

QUAND L’ENTREPRISE SE FROTTE A LA PHILOSOPHIE

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Il y a confiance et confiance

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S’agit-il de la même confiance lorsque nous nous plaçons en situation d’avoir confiance en quelqu’un, de placer notre confiance en lui ou elle, ou bien quand nous accordons nous-mêmes notre confiance à quelqu’un d’autre (ou d’ailleurs à nous-mêmes) ? S’agit-il de la même confiance quand nous faisons confiance à tel pilote pour nous mener à bon port (ce qui est vrai en navigation pouvant l’être aussi en politique), et quand nous accordons notre confiance à un tiers, par exemple lorsque nous confions de l’argent à quelqu’un pour faire nos courses, grandes ou petites, en estimant qu’il n’en profitera pas pour se sauver avec ?

Dans le premier cas, la confiance que je place en quelqu’un est appuyée sur la conviction ou la présomption que cette personne, physique ou morale (par exemple un Etat), est en mesure à la fois de me protéger et de me nuire. Ma confiance procède ici de ces deux sentiments, contradictoires mais allant de paire : assurance et crainte.

Dans le second cas, la confiance que j’accorde à quelqu’un est appuyée sur la conviction inverse : c’est parce que je sais que cette personne est assurée que je peux à la fois la protéger et lui nuire que je peux lui faire confiance.

Or cette différence de point de vue n’est en réalité qu’apparente : dans les deux cas, quelles que soient les circonstances et quel que soit le rôle que je jouerai, placer sa confiance en quelqu’un ou l’accorder à quelqu’un d’autre ou à moi-même, reviennent à remettre sa vie entre les mains d’un autre. Quand je prends l’avion, quand j’accepte d’être le passager d’une voiture que donc je ne conduis pas moi-même, quand je consens à être opéré, et préalablement anesthésié, quand je signe un contrat avec une entreprise qui m’emploiera peut-être pendant des années, dans tous ces cas et dans bien d’autres, peu ou prou je remets ni plus ni moins que ma vie entre les mains d’autrui.

De même quand j’accorde ma confiance à quelqu’un, bien que je pense pouvoir le protéger ou lui nuire, il n’empêche que je me dépossède de ce pouvoir, au moins pendant le temps où je l’ai transféré, tout ou partie, à cette personne (s’il garde mon argent au lieu de faire mes courses, par exemple, ou s’il profite d’avoir accompagné ma fiancée chez le chanoine ou le notaire pour tenter de la séduire, etc.)

La confiance est donc finalement ceci qui reste de même nature selon que nous la donnons ou qu’on nous la donne. Connaissez-vous autre chose dont on puisse le penser ? Le pouvoir, l’argent, la célébrité ou que sais-je, reviennent-ils au même pour le tyran et l’opprimé, pour le riche ou le pauvre, pour la star ou le fan ? Evidemment non, parce qu’il s’agit dans ces trois cas de rapports entre des personnes prises comme fonctions sociales, alors que dans la confiance il ne s’agit radicalement que d’un rapport entre des personnes prises pour elles-mêmes. Peut-être l’amour instaure-t-il aussi ce type de rapport, me direz-vous. Oui, mais l’amour n’est-il pas l’autre nom de la confiance ?

 

Thierry BERLANDA
Le Philosophe de PROCESSUS

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