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LE BILLET DU PROF | LA DIALOGIQUE ENTREPRISE ET LIBERTE

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13
mai

Un nouveau billet du prof 

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La dialogique entreprise et liberté

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Les diverses évolutions liées à l’avènement des technologies numériques ou à la mondialisation posent la question du repositionnement de l’homme au sein de l’entreprise. Le concept de liberté, même s’il est étudié depuis l’antiquité, reprend une place essentielle dans les questionnements liés au management, à l’innovation ou à l’intrapreneuriat. En effet, le management doit se réinventer. Même si la maîtrise des outils actuels est indispensable, la construction de nouvelles approches représente le challenge de demain.

L’accès et le partage de la connaissance repositionne le débat. Comme le disait Steve Jobs : « Ça n’a pas de sens d’embaucher des gens intelligents puis de leur dire quoi faire. Nous embauchons des gens intelligents afin qu’ils puissent nous dire ce qu’il faut faire … » !

La liberté désigne les possibilités d’actions, la capacité à effectuer des choix, c’est-à-dire à mettre en œuvre sa volonté. Sans rentrer dans un débat sur les philosophies de la liberté (cf. la lettre ci-jointe du philosophe de PROCESSUS), nous proposons plutôt d’adopter une démarche réflexive sur la place de la liberté dans une perspective managériale d’entreprise.

La complexité actuelle du monde économique conduit les entreprises à rechercher de nouvelles sources d’innovation et d’avantages concurrentiels. Si nous avons vu que l’homme joue un rôle essentiel dans cette quête (cf. newsletters précédentes), est-ce que la liberté améliore la capacité de l’individu, et donc la performance de l’entreprise ?

L’enjeu est le développement du capital humain. Ainsi, l’homme libre serait plus innovant, plus proactif. Une caractéristique idiosyncrasique à l’innovation est de bousculer l’ordre établi, l’existant. Il convient de sortir du cadre, parfois même de bafouer les règles posées (de l’entreprise et/ou du marché). L’individu doit être libre, au moins intellectuellement afin de ‘s’autoriser’ à adopter cette posture. Le dirigeant doit donc influer cette dynamique du changement, de la nouveauté, même si elle engendre souvent une perception du risque plus élevée. Donner de la liberté aux acteurs ne se fait pas au détriment de son propre pouvoir mais cela renforce plutôt son leadership ! Le manager doit être un facilitateur. La peur de l’échec, l’angoisse empêchent non seulement d’être heureux mais également d’être libre.

Une autre interrogation réside dans la volonté (ou non) de l’individu à être libre au sein de son organisation. Là encore, l’organisation et le management jouent un rôle essentiel. La structure ne doit pas décider à la place des acteurs (voir les approches de la sociologie des organisations). En quelque sorte, les contingences (structurelles, technologiques …), auxquelles nous ajoutons la contingence actionnariale ou de gouvernance, freinent la liberté individuelle, la capacité d’initiative, l’innovation … et le bien-être. Laisser les hommes libres conduit à leur permettre de s’engager dans l’action, dans la proactivité. L’homme s’engage par ses actes, ses paroles, mais pas par ses idées (Beauvois et Joule).

La matérialisation d’une certaine liberté des acteurs passe également par le temps qu’ils possèdent afin d’organiser leurs tâches, leur service, leur structure. Les exemples de temps accordé aux salariés afin qu’ils travaillent sur leur propre projet sont nombreux (20% du temps de travails ; Google, 3M …). L’homme libre possède le temps (Je suis libre parce que mes jours le sont ; Tesson – Dans les forêts de Sibérie).

Pour les plus réticents à envisager une réflexion sur la liberté de ses équipes, nous proposons la notion d’autonomie qui prend forme dans un cadre déterminé et partagé, a priori. Ce cadre peut être réifié par le partage d’une vision d’entreprise déclinée en axes stratégiques prioritaires. Ainsi, l’adhésion à cette vision renforce l’engagement tout en préservant la liberté des acteurs (théorie de l’agence par exemple).

 

Nous proposons enfin que nous soyons tous des entrepreneurs, des entrepreneurs de nos vies, de nos carrières, de nos jours … ! La liberté dans l’entreprise, quelle que soit sa position, n’est pas une donnée acquise. C’est un état recherché d’équilibre entre le plaisir au travail et les efforts consentis. Ces deux principes (liberté et entreprise) ne sont pas simplement juxtaposés, ils sont nécessaires l’un à l’autre (la dialogique d’E Morin). On ne naît pas libre, on le devient !

Jean-Michel DEGEORGE
Enseignant Chercheur de l’école des Mines de St Etienne

EMSE

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