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LE BILLET DU PROF | Manager/entrepreneur: une posture d’ubiquité fonctionnelle?

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06
juin

Un nouveau billet du prof 

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Manager/Entrepreneur: une posture d’ubiquité fonctionnelle?

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Plusieurs études montrent que 80% des projets lancés par les entreprises n’atteignent pas leurs objectifs. La problématique consiste donc à mieux transformer les bonnes idées en création de valeur. En France le goulot d’étranglement dans la traduction des bonnes idées en chiffre d’affaires, et en emplois, peut s’expliquer par plusieurs raisons (la culture : l’inventeur est plus valorisé que l’homme d’affaires ; l’aversion au risque et la non acceptation de l’erreur ; un manque de compétence …).

Dans ce contexte, l’entreprise se voit caractérisée par le rôle central de son dirigeant. En effet, quelles que soient les problématiques abordées, le dénominateur commun est le dirigeant (dirigeant d’entreprise, de centre de profit, de service, de business unit …).

La figure du capitaine d’industrie est inséparable de l’entrepreneur, et notamment lors de la Révolution Industrielle et de l’émergence des grandes entreprises américaines du 19ème siècle, mais elle semble encore d’actualité lorsque l’on songe aux individus qui ont marqué la révolution internet, ces fondateurs d’empire industriels parfois évoqués (Apple, Google, Facebook, Blablacar …).

Au-delà de ces personnages, la posture du dirigeant est infiniment complexe.

En premier lieu, l’individu en question doit assurer un rôle de manager. Il doit ainsi mettre en œuvre les moyens techniques, financiers et humains pour atteindre des objectifs. Cela consiste à planifier, organiser et contrôler.

Pourtant, à l’heure de l’innovation élevée au niveau de vertu, ce rôle dans l’entreprise ne suffit plus. C’est là qu’il rencontre celui d’entrepreneur. L’entrepreneur n’est pas un statut que l’on se voit conférer pour une durée indéterminée, c’est une fonction. Plusieurs modalités d’application peuvent être mises en œuvre : créer une nouvelle organisation, construire de nouvelles opportunités, innover et créer de la valeur nouvelle … Nous revenons sur une distinction ancienne : celle entre dirigeant, manager et entrepreneur. De longue date, les figures de l’entrepreneur et du dirigeant ou du manager ont été rapprochées et/ou distinguées. Si les termes du débat sont intéressants, il est utile de garder présent à l’esprit le fait que – fréquemment – le dirigeant se mue en entrepreneur. Pour reprendre Schumpeter (1911 : 89) « … il sera aussi rare de voir rester quelqu’un toujours un entrepreneur pendant les dizaines d’années où il est dans sa pleine force que de trouver un homme d’affaires qui n’aura jamais été un entrepreneur, ne serait-ce que très modestement » (Chabaud et Sammut, 2016).

Ces deux approches renvoient à la distinction classique dans l’innovation : la dialogique entre l’exploration et l’exploitation. D’un côté, le manager a un rôle d’exploitation. Il gère, optimise en restant dans le cadre de l’organisation (les règles du jeu). De l’autre côté, l’intrapreneur explore, expérimente … Créer de la valeur nouvelle est devenue un attribut du manager, qui dans une organisation existante est qualifié d’intrapreneur.

Le développement du potentiel humain est donc un enjeu essentiel. Dans une perspective de changement continuel, les fonctions de manager et celle d’entrepreneur doivent se conjuguer. Le nouveau rôle est d’accompagner les équipes qui sont au cœur de la performance, d’une manière collective. La recherche et l’exploitation de synergie supplantent désormais l’organisation classique basée sur la recherche d’économie d’échelle.

Jean-Michel DEGEORGE
Enseignant Chercheur de l’école des Mines de St Etienne

EMSE

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